RÉSUMÉ   CHRONOLOGIQUE DE   LA  VIE   DE   MOLIÈRE

1622-1673

1622 (15 janvier) — Baptême à Paris, à l'église Saint-Eustache, de Jean-Baptiste Poquelin, fils aîné du marchand tapissier Jean Poquelin et de Marie Cressé.

1632 (mai) — Mort de Marie Cressé.

1637 — Jean Poquelin assure à son fils Jean-Baptiste la survivance de sa charge de tapissier ordinaire du roi. (Cet office, transmissible par héri­tage ou par vente, assurait à son possesseur le privilège de fournir et d'entretenir une partie du mobilier royal; Jean Poquelin n'était évidem­ment pas le seul à posséder une telle charge.)

1639 (?) — Jean-Baptiste termine ses études secondaires au collège de Cler-mont (aujourd'hui lycée Louis-le-Grand), tenu par les Jésuites.

1642 — II fait ses études de droit à Orléans et obtient sa licence. C'est peut-être à cette époque qu'il subit l'influence du philosophe épicurien Gassendi et lie connaissance avec les « libertins» Chapelle, Cyrano de Bergerac, d'Assoucy.

1643 (16 juin) — S'étant lié avec une comédienne, Madeleine Béjart, née en 1618, il constitue avec elle une troupe qui prend le nom d'Illustre-Théâtre; la troupe est dirigée par Madeleine Béjart.

1644 — Jean-Baptiste Poquelin prend le surnom de Molière et devient direc­teur de l'Illustre-Théâtre, qui, après des représentations en province, s'installe à Paris et joue dans des salles de jeu de paume désaffectées.

1645 —   L'Illustre-Théâtre   connaît   des   difficultés   financières;   Molière   est

emprisonné au Châtelet pour dettes pendant quelques jours.

1645 — Molière part pour la province avec sa troupe. Cette longue période

1658 de treize années est assez mal connue : on a pu repérer son passage à certaines dates dans telle ou telle région, mais on ne possède guère de renseignements sur le répertoire de son théâtre; il est vraisemblable qu'outre des tragédies d'auteurs contemporains (notamment Corneille) Mol ère donnait de courtes farces de sa composition, dont certaines n'étaient qu'un canevas sur lequel les acteurs improvisaient, à l'italienne. 1645-1653 — La troupe est protégée par le duc d'Épernon, gouverneur de Guyenne. Molière, qui a laissé d'abord la direction au comédien Dufresne, imposé par le duc, reprend lui-même (1650) la tête de la troupe : il joue dans les villes du Sud-Ouest (Albi, Carcassonne, Toulouse, Agen, Pézenas), mais aussi à Lyon (1650 et 1652).

1653-1657 — La troupe passe sous la protection du prince de Conti, gouverneur du Languedoc. Molière reste dans les mêmes régions : il joue le personnage de Mascarille dans deux comédies de lui (les pre­mières dont nous ayons le texte) : l'Étourdi, donné à Lyon en 1655, le Dépit amoureux, à Béziers en 1656.

1657-1658 — Molière est maintenant protégé par le gouverneur de Nor­mandie; il rencontre Corneille à Rouen ; il joue aussi à Lyon et à Grenoble.

1658 — Retour à Paris de Molière et de sa troupe, qui devient « troupe de Monsieur»; le succès d'une représentation (N/comède et une farce) donnée devant le roi (24 octobre) lui fait obtenir la salle du Petit-Bourbon (près du Louvre), où il joue en alternance avec les comédiens-italiens.

1659 (18 novembre) — Première représentation des Précieuses ridicules (après Cinna) : grand succès.

1660Sganarelle (mai). Molière crée, à la manière des Italiens, le per­sonnage de Sganarelle, qui reparaîtra, toujours interprété par lui, dans plusieurs comédies qui suivront. — II reprend, son frère étant mort, la survivance de la charge paternelle (tapissier du roi) qu'il lui avait cédée en 1654.

1661 — Molière, qui a dû abandonner le théâtre du Petit-Bourbon (démoli pour permethéâtrela construction de la colonnade du Louvre), s'installe au Palais-Royal. Dom Carde de Navarre, comédie héroïque : échec. L'Ecole des maris (24 juin) : succès. Les Fâcheux (novembre), première comédie-ballet, jouée devant le roi, chez Fouquet, au château de Vaux-le-Vicomte.

1662 — Mariage de Molière avec Armande Béjart (sœur ou fille de Madeleine), de vingt ans plus jeune que lui. L'Ecole des femmes (26 décembre) : grand succès.

1663 — Querelle à propos de l'École des femmes. Molière répond par la Critique de /' « École des femmes » (l*r juin) et par l'Impromptu de Ver­sailles (14 octobre).

1664 — Naissance et mort du premier enfant de Molière : Louis XIV en est le parrain. Le Mariage forcé (janvier), comédie-ballet. Du 8 au 13 mai;, fêtes de I* « Ile enchantée » à Versailles : Molière, qui anime les diver­tissements, donne la Princesse d'Élide (8 mai) et les trois premiers actes du Tartuffe (12 mai) : interdiction de donner à Paris cette dernière pièce. Molière joue la Thébaïde, de Racine.

1665 — Dom Juan (15 février) : malgré le succès, Molière, toujours critiqué par les dévots, retire sa pièce après quinze représentations. Louis XIV donne à la troupe de Molière le titre de « troupe du Roi » avec une pen­sion de 6 000 livres (somme assez faible, puisqu'une bonne représenta­tion au Palais-Royal rapporte, d'après le registre de La Grange, cou­ramment I 500 livres et que la première du Tartuffe, en 1669, rapportera, 2860 livres). L'Amour médecin (15 septembre). Brouille avec Racine, qui retire à Molière son Alexandre pour le donner à l'Hôtel de Bourgogne.

1666 — Molière, malade, cesse de jouer pendant plus de deux mois; il loue une maison à Auteuil. Le Misanthrope (4 juin). Le Médecin malgré lui (6 août), dernière pièce où apparaît Sganarelle. En décembre, fêtes du « Ballet des Muses » à Saint-Germain : Mé/icerte (2 décembre).

1667 — Suite des fêtes de Saint-Germain : Molière y donne encore la Pasto-rale comique (5 janvier) et le Sicilien ou l'Amour peintre (14 février). Nou­velle version du Tartuffe, sous le titre de ('Imposteur (5 août) : (a pièce est interdite le lendemain.

1668 — Amphitryon (13 janvier). George Dandin (18 juillet). L'Avare (9 sep­tembre).

1669 — Troisième version du Tartuffe (5 février), enfin autorisé : immense succès. Mort du père de Molière (25 février). A Chambord, Monsieur de Pourceaugnac (6 octobre).

1670 — Les Amonts magnifiques, comédie-ballet (30 janvier à Saint-Germain). Le Bourgeois genti/homme, comédie-ballet (14 octobre à Chambord).

1671 Psyché, tragédie-ballet avec Quinault, Corneille et Lully (17 janvier), aux Tuileries, puis au Palais-Royal, aménagé pour ce nouveau spec­tacle. Les Fourberies de Scapin (24 mai). La Comtesse d'Escarbagnas (2 décembre à Saint-Germain).

1672 — Mort de Madeleine Béjart (17 février). Les Femmes savantes (II mars). Brouille avec Luliy, qui a obtenu du roi le privilège de tous les spectacles avec musique et ballets.

1673 — Le Malade imaginaire (10 février). A la quatrième représentation (17 février), Molière, pris en scène d'un malaise, est transporté chez lui, rue de Richelieu, et meurt presque aussitôt. N'ayant pas renié sa vie de comédien devant un prêtre, il n'avait, selon la tradition, pas le droit d'être enseveli en terre chrétienne : après intervention du roi auprès de l'archevêque, on l'enterre sans grande cérémonie à 9 heures du soir au cimetière Saint-Joseph.

Molière avait seize ans de moins que Corneille, neuf ans de moins que La Roche­foucauld, un an de moins que La Fontaine.

Il avait un an de plus que Pascal, quatre ans de plus que Mmt de Sévigné, cinq ans de plus que Bossuet, quatorze ans de plus que Boileau, dix-sept ans de plus que Racine.